Emotions de parents

Back to work !

Après un long silence radio, me voilà de retour !

Parce que la co’mère que je suis a vécu une étape importante de la parentalité ces dernières semaines : le retour au boulot.

Vous me direz qu’au bout de trois enfants, je devrais être rôdée et que la reprise du boulot devrait être une formalité… Et pourtant.

Et pourtant, comme pour les deux autres, j’ai vécu avec anticipation la douleur de la séparation. J’ai appréhendé, pleuré, angoissé, tenté de me convaincre que bon, le boulot, c’était surfait. Qu’il y avait une autre option. Que j’avais qu’à ne plus jamais retravailler, vendre la maison, aller vivre dans le Larzac d’amour et d’eau fraîche en élevant des chèvres. Que je n’étais pas obligée de “laisser” mes enfants.

Et je passais par des hauts et des bas, j’essayais de me dire qu’une maman active, c’est bon pour le développement des enfants (sisi je vous assure, il y a plein d’articles là-dessus pour nous aider à déculpabiliser!). Il paraît que ça en fait des enfants plus autonome (sans blague, en même temps le matin s’ils veulent être à l’heure à l’école il vaut mieux qu’ils sachent compter sur eux-mêmes !) et qui accepteraient mieux que leur compagne travaille (#l’antimysoginieçasetravailleauberceau).

Mais au fond du fond, j’étais déjà dans la nostalgie. La nostalgie d’une année sans travailler, à cause d’une grossesse un peu difficile, pendant laquelle j’ai finalement pu m’occuper de mes deux “grands”. Une année hors du temps, où j’ai pu aller chercher mes fils tous les soirs à l’école, jouer à 4 jeux de société différents en rentrant à la maison et faire des bons petits plats à base de légumes. Une année où j’ai pu accompagner mes garçons en sortie scolaire et fabriquer notre propre calendrier de l’avant “maison” (la classe). Une respiration dans ma vie trépidante de maman active surbookée.

Une pause dont j’avais finalement besoin pour relativiser. Remettre les choses en perspective.

Je vais être honnête : je n’avais pas du tout (mais alors PAS DU TOUT) envie de retourner bosser. C’était une catastrophe planétaire. Et finalement…

Finalement tout s’est bien passé, simplement parce que c’était le moment. Ma fille avait 6 mois, j’avais pu profiter d’elle, toucher du doigt notre nouveau rythme, notre vie à 5, passer du temps sans compter avec ma famille. Et parce que c’était le moment, tout a été naturel.

Après une année de break, j’ai retrouvé mon travail d’un oeil neuf, moins parasité par l’usure quotidienne. Revoir le bon côté des choses, gommer le négatif et ne pas me focaliser sur le stress. Retrouver avec plaisir (oui, plaisir !) les challenges, l’adrénaline de lancer un nouveau projet et la fierté de réussir.

Ne me méprenez pas : je reste convaincue que s’occuper de nos enfants est le job le plus beau du monde. Je regrette chaque jour le peu de temps passé avec ma famille. Mais je vois, enfin, le bon côté de chaque chose. Certaines femmes disent haut et fort qu’elles ne sont pas faites pour être mères au foyer : je le comprends, mais ce n’est pas mon cas. Pendant cette année, à aucun moment je n’ai songé à reprendre le travail avec hâte, ni sentie enfermée dans mon rôle de mère.

Pourtant, une fois le grand saut dans le monde professionnelle re-fait, j’en vois les bienfaits. Alors non, tout n’est pas rose, mais j’essaie de mettre un brin de couleur sur chaque point négatif…

– Non, je ne peux plus aller chercher mes enfants à l’école le soir. Mais je m’arrange pour partir plus tôt chaque mercredi midi pour aller les chercher à l’école. Petit plaisir de mi-semaine.

– Je vois moins mes enfants. Mais mon conjoint est passé au 4/5ème, profite de ma fille tous les mercredi et passe plus de temps avec les grands. Il a lui aussi droit à cette “respiration” qui fait du bien.

– Ma poupette est dans un environ moins serein, plus fatiguant. Mais en crèche, elle s’épanouit, se sociabilise, s’ouvre aux autres, peut-être plus que si j’étais tout son univers.

– J’ai moins le temps de jouer avec mes fils. Mais quand je le fais, j’en profite (plus ?). Ce n’est plus un acte banal du quotidien, quelque chose d’acquis. C’est une chance, un moment de partage.

– J’ai un travail à responsabilité, qui parfois me préoccupe, ou m’oblige à quelques déplacements. Mais je montre à mes enfants que travailler peut être un plaisir, qu’on peut s’épanouir professionnellement.

– Ma maison est moins bien tenue et j’ai parfois l’impression qu’un char d’assaut est passé dans le salon. Mais je suis moins à cheval sur ce détail et donc moins sur le dos de mes enfants.

Et j’ai, surtout, appris à déculpabiliser. J’ai eu la chance d’être là pour eux plus que je ne l’aurais jamais imaginé. J’en ai profité. Cette étape est dernière moi, mais a créé avec mes enfants un lien spécial. Déculpabilisez également : on est toujours la mauvaise mère / le mauvais père de quelqu’un. Le plus important c’est d’être en accord avec vous-même…

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