Maternage

Faire ses nuits, la première performance de bébé… (ou pas…)

« Et sinon ? Il fait ses nuits ? » (et là il faudrait que je vous mette une photo de ma tronche à chaque fois que l’on m’a posé cette question…) Je crois que je n’ai pas entendu de phrase plus angoissante / culpabilisante / source de remise en question, que celle-ci ces derniers mois. La première performance de bébé : est-ce qu’il dort ? et après alors il s’assoit ? Alors il marche ?

Alors soyons clair, mon fils n’a pas été plus lent et certainement pas moins bon. Il a juste fait les choses à sa manière en faisant sa première vraie nuit alors qu’il savait déjà marcher.

Après 13 mois de sommeil fractionné, je ne sais pas encore si cet article va vous parler de la fatigue ou d’une méthode de survie. C’est bien simple, le manque de sommeil remet tout en cause. Le lien parent enfant, la relation avec les aînés, le couple, la vie professionnelle, la vie sociale, la bonne humeur, les neurones, bref, tout.

Les premières semaines, on y est préparé. C’est simple, clair et précis, on sait que bébé se réveille pour manger. Ce n’est pas pour autant que c’est facile. Je me souviens des premières semaines d’Amaury, du cinquième réveil, de cette profonde fatigue me forçant à faire un effort surhumain pour mettre mon fils au sein… Et puis de mes réveils en sursaut pensant m’être endormie alors qu’il tétait encore, de lui avoir roulé dessus, de l’avoir fait tomber ou de l’avoir étouffé… Au secours ! Alors non, même les premières semaines ne sont pas faciles. Mais comme c’est un passage quasiment obligatoire, on s’en accommode. Par choix personnel, nous avions installé un berceau dans notre chambre pour les premiers temps (qui se transformeront finalement en de longs mois). Le faire dormir dans notre chambre était un moyen de rester en fusion avec mon tout petit et de mettre toutes les chances de mon côté pour cet allaitement qui me tenait tant à cœur. Et puis il faut avouer que passés 3 réveils par nuit, il ne faut pas attendre grand-chose de moi dans la journée. Mais ma grande étant à l’école, je profitais de mon congé maternité pour vivre au rythme de bébé et faire plusieurs siestes réparatrices dans la journée.

Au 2 mois et demi de mon fils, j’ai repris le travail. C’est à ce moment-là qu’est intervenu l’élément qui m’a permis de survivre à cette première année, Ma Mère ! N’ayant pas de moyen de garde, c’est super mamie qui vient chez nous quand je travaille pour s’occuper des enfants. Je ne sais pas comment j’aurais fait avec les vacances scolaires, les nuits hachées, l’allaitement, le réveil à 6 h pour aller bosser… Elle m’a permis de conserver mes sacro-saintes siestes et de continuer à allaiter.

Et puis les 6 mois d’Amaury sont arrivés, sans faire ses nuits… Alors dans notre cas, nous savons maintenant pourquoi (si tu ne sais pas, file lire l’article RGO ou j’explique tout en long en large et en travers), mais à ce moment la c’est juste le moment des remises en questions, petites phrases piquantes et j’en passe. Et oui Amaury a 6 mois, refuse la diversification alimentaire, ne veut que mon lait (sans problème / confusion sein biberon quand je travaille), et dort toujours avec nous. Quoi ??? « Mais tu sais, souvent les bébés font leurs nuits a la fin de l’allaitement », et puis « peut être que tu devrais couper le cordon », « laisse le donc un peu pleurer »… Pas évident à entendre, encore moins de rester droit dans ses bottes après. Parce que oui, l’allaitement ça fonctionne alors pourquoi passer à autre chose alors que cela convient à mon fils et à moi ? Oui, il dort encore dans notre chambre mais plus par choix mais par nécessité ! Je mets au défi n’importe quel être humain de vivre 15 réveils par nuit, ne serait-ce qu’une semaine… Pour moi, avoir son lit à côté du mien était une question de survie pour espérer dormir 3 h par nuit… Et pour ce qui en est de le laisser pleurer… Mouhahaha… Et bien non. Je ne juge pas, mais en ce qui concerne l’éducation de mes enfants, je m’y oppose. Je ne pense pas qu’un bébé ait besoin, pour s’endormir, de hurler jusqu’à l’épuisement… attention je ne parle pas des petits gémissements / chouineries, je vous parle du vrai pleur de tristesse, douleur, colère, celui qui vous arrache le cœur… et bah pour moi, ça c’est non !

Et le temps passe, on réussit petit à petit à lui faire faire les siestes dans sa chambre. Les réveils multiples sont toujours présents, mais plus pour téter. Juste pour se tordre, hurler, être bercé, s’apaiser, se rendormir. Super Mamie me permet encore de survivre en gérant les nuits lorsque je travaille. Enfin du relais ! Mon mec a plein de qualités, et un super pouvoir pour ne rien entendre la nuit… Le soutien pendant cette période ça n’a pas été son point fort, et puis il faut dire que c’est vachement facile de se planquer derrière l’allaitement… Et ça… avec la fatigue ça peut rendre dingue ! Heureusement qu’on s’aime très très fort… Et puis il y a Lucie, cette petite fille qui a eu l’habitude de vivre avec l’exclusivité de ses parents. Elle a dû apprendre à partager et en récompense, elle a eu le droit à une maman fatiguée, qui n’a pas envie de jouer, qui n’a pas de patience pour supporter les bêtises… Pas facile de devenir une grande sœur. C’est un nouveau rôle pour elle, et même si elle aime fort son petit frère, elle a bien compris qu’une grande partie des changements venait de lui.

Bientôt un an, toujours pas de nuits. Je ne savais pas que le corps humain pouvait autant repousser ses limites et vivre en état de fatigue profonde… Après un an a ressentir que quelque chose n’allait pas chez mon fils, j’ai enfin eu une réponse, le RGO ! Le traitement a été mis en place et MIRACLE, enfin la possibilité d’enchaîner 6 heures de sommeil… Une vraie révolution ! Tout le monde va mieux, même si ce n’est pas encore parfait. Même mon cher et tendre s’y met ! Il s’est découvert un nouveau talent : celui de rendormir son fils en pleine nuit!(danse de la joie)

En conclusion je dirais que j’ai bien compris que le sommeil de bébé était un enjeu pour tout le monde. Pour ses parents, pour la fratrie, pour l’image qu’on renvoie aux autres. Mais c’est pas grave, tous les bébés finissent par dormir un jour. Ça a été notre expérience et on a encore quelques années devant nous pour se reposer…

1 Comment

  1. 25 mois et pas de nuit non plus … micro siestes dans la voiture, ou même dans les toilettes au boulot. On survit 🙂 On en chie mais on survit … Et pour les pleurs ben moi je juge. Laisser pleurer alors que maintenant on sait que les pleurs sont néfastes au développement du cerveau c’est no way.

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