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Mon enfant hypersensible…

Tous les parents vous le diront, chaque enfant est différent. Vous pourriez avoir 6 enfants,  que vous distingueriez pour chacun une personnalité bien marquée (mais bon, moi perso je vais m’arrêter à 3 hein !).

Il se trouve qu’à la loterie des bébés, j’ai tiré en premier numéro un amour d’enfant hypersensible. Bon, pour être tout à fait honnête, il se pourrait que les parents le soit aussi. La pomme ne tombe pas bien loin de l’arbre…

L’hypersensibilité, c’est pour certains un don formidable. Pour d’autres, le fardeau d’une empathie extrême et d’angoisses jamais maîtrisées. Cela peut certainement, selon la manière dont l’enfant est accompagné, ou tout simplement selon les jours, être les deux.

N’étant pas spécialiste du sujet, je souhaitais simplement partager avec vous mon expérience : ce qui m’a fait comprendre que mon fils était hypersensible et ce que l’on essaie, jour après jour, de mettre en place en famille pour l’accompagner.

Sa faculté à percevoir les émotions des autres : Mon fils avait 4 ans quand un soir où mon conjoint était absent, et que son petit frère et lui avaient été particulièrement… toniques (quoi, tu pensais que je serais vulgaire?!), il m’avait regardé très sérieusement et dit “Je sais maman, gérer 2 enfants toute seule c’est pas facile”. Euhhhh, oui, pas faux.

Sa manière d’associer des souvenirs à des émotions : Quand à 3 ans, il retrouve une petite moto offerte par une amie à moi 1 an plus tôt et me dit “Ah oui, c’était ta copine qui m’avait offert ça un soir où je mangeais des chips” (très important, les chips).

Sa difficulté à tenter des nouvelles choses de peur de ne pas réussir : le paroxysme a été vers 4 ans, au point qu’il refusait de commencer un dessin car il était persuadé que le résultat n’atteindrait pas ses espérances.

Sa peur du jugement : Aujourd’hui encore, et même devant nous, sa pudeur l’empêche de danser librement, de peur qu’on se moque de lui.

Sa tendance à se dévaloriser au moindre échec : ne pas réussir du premier coup rime avec “nul”.

Sa manière de parfois perdre le contrôle sous le coup d’émotions fortes : Une bataille de chatouilles peut dégénérer en bagarre agressive, le départ d’un proche en drame. Un reproche de ma part est vécu comme un crève-coeur.

Ses réactions face à l’injustice : s’il se fait gronder pour une bêtise de son frère, l’indignation l’étouffe et lui fait perdre le contrôle. De même, si un proche est pris à parti à tort, il partira en guérilla pour défendre son honneur.

De manière générale, son côté excessif : Chez lui, tout est fort, c’est un raz-de-marée. Quand il fait du sport, c’est jusqu’à l’épuisement. Quand il aime, c’est d’un amour violent, intense. Au déménagement de son meilleur ami, alors qu’il avait 5 ans, il a pleuré tous les jours pendant presque une semaine, absolument inconsolable.

Sa susceptibilité : Pris en défaut, critiqué… Et c’est le drame. Parfois jusqu’à l’acharnement dans son erreur.

Ses pleurs parfois inconsolables, sans que lui-même ne sache réellement d’où ça vient.

 

Alors petit à petit, au fil des maladresses, des incompréhensions et des questionnements, nous avons mis en place des techniques de communication, des mécanismes. Pas une méthode universelle, non, une méthode adaptée à mon fils.

Faire des câlins : beaucoup, beaucoup, beaucoup de câlins. Les câlins rassurent, apaisent les plaies du coeur.

Alimenter sa curiosité : il focalise ainsi sa tempête d’émotions et de questions sur les documentaires, les livres…

Le pousser à créer : Après des débuts laborieux, à cause de sa crainte de ne pas être à la hauteur, il a eu un déclic… Il a suffit d’un dessin réussi et ressemblant, qui l’a rempli de fierté, et tout s’est débloqué. Nous avons maintenant à la maison un serial découpeur / colleur. A nous les constructions en carton de papier toilette !

Favoriser les activités calmes qui focalisent sa concentration, comme les lego.

Le pousser à exprimer ses émotions, même si elles semblent évidentes : “Antoine, j’ai l’impression que tu es énervé, est-ce que c’est le cas?”, “tu as cassé tes lego, je comprendrais que tu sois frustré”, “qu’est-ce qui t’as le plus plu dans cette journée?”. Dur dur, et on patine parfois un peu, parce que souvent son émotion est telle qu’il fait un blocage et ne peut rien exprimer. Mais doucement, quand sa patience et la notre sont au RDV, on parle, de mieux en mieux, et on évite les non-dits.

L’empêcher de se dévaloriser : Il a en effet tendance à associer un reproche à sa nullité universelle. “Alors non, tu n’es pas nul : tu as fait une bêtise, tu as fait une erreur, mais ça ne veut pas dire que tu sois nul”

Faire attention aux mots : c’est le plus dur. Ne jamais dire “c’est nul de faire ça” quand il fait une bêtise, ne jamais laisser échapper ce qui nous semble un anodin “mais t’es bête !”, même pour rire. Alors on gronde, mais en parlant de la bêtise et pas de lui. Et le reste du temps : le féliciter, remarquer ses “efforts” et lui dire combien on est fiers de lui.

Valoriser le fait d’essayer sans réussir (et non, ne pas dire échec) : “tu n’as pas ENCORE réussi, mais en t’entraînant, un jour, tu y arriveras, et tu seras super fier de toi.”

L’encourager dans son goût pour le sport : le sport comme défouloir, pour se débarrasser d’un trop plein d’émotions parfois encombrant.

Malgré tout cela, aujourd’hui encore, nous faisons des erreurs. Tous les jours. Par fatigue, maladresse, énervement, impatience. Nous avons l’impression d’abîmer parfois ce grand coeur plein d’amour et d’émotions en tourbillon. Non, on ne peut pas être des parents irréprochables, mais parfois j’aimerais être sûre de l’amener sur la bonne route. Celle ou son hyper sensibilité sera un atout extraordinaire, une force hors du commun, une source de créativité, sans qu’elle ne l’empêche jamais d’oser, d’aimer et d’entreprendre.

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